Raoul, Bourheïma, Henri Maïga, Roger-le-mécano et
Dominique, tous les cinq mécaniciens, Théodore, Rosine, Félicité et Roger Ouédraogo se sont réunis pour me faire part de leurs projets.
Roger commence par leur demander leur avis sur le projet de taxi.
Objection de Raoul: « le taxi, c'est le bienvenu. Mais si le taxi ne sert que dans les 4 villages, ça ne permettra pas de couvrir les frais (salaire+carburant). »
Mais la petite équipe de mécaniciens veut surtout parler de son projet de garage: « Notre premier objectif, c'est de former des inactifs. On voudrait monter un atelier de garage. Il y a beaucoup de jeunes inactifs qui n'ont aucun débouché ici et qui voudraient se former en mécanique. Bien sûr, on ne peut pas absorber tous les vagabonds! Mais on pourrait avoir trois titulaires qui en forment chacun deux, par exemple.
C'est pas l'argent qu'on met devant, mais la formation. On peut aussi en envoyer un ou deux en formation à Ouaga. »
De plus, parmi les mécaniciens, il y a un malentendant, Bourheïma, et Roger voudrait l'envoyer en consultation pour voir si on ne peut pas améliorer son audition.
« La bonne chose s'achète elle-même », c'est un adadge mossi.
Roger-le-mécano: « Le projet de garage, c'est une bonne initiative parce qu'il y a beaucoup de jeunes désoeuvrés. »
je demande: « Pensez-vous qu'il faudrait diversifier les formations et les activités? Mécanique auto, poids lourds, mécanique deux roues, vélos aussi? »
Roger-le-mécano: « Oui, c'est intéressant, ça profitera plus. »
- « Quelle est l'aide attendue? »
- « La diversification des débouchés, au niveau formation: 2 roues, petits et gros véhicules, etc...Nous attendons que la Tortue Voyageuse nous plante [nous aide à planter] et nous allons porter les fruits. »
Dominique, qui n'a pas parlé, qu'en pense-t-il? « Si l'ateleir de mécanique voit le jour, c'est bien. »
Henri Maïga: « pense que c'est une bonne idée parce que beaucoup de gens sont au chomage ».
Raoul: « est d'accord pour le garage, beaucoup de gens viennent et il y a une demande. »
- « Et les femmes, ont-elles aussi des projets? » (nous avons déjà parlé hier de celui de Félicité et de Sylvie)
- « les femmes tisseuses de Yako nous ont manqués plusieurs fois. Elles ont des doléances, on va les transmettre. Il y en a qui font du tissage, elles ont déjà leurs métiers. »
Pour conclure, je demande que l'on rédige les projets pour qu'en France nous puissions les soutenir. Je pose la question de savoir s'il n'est pas mieux de rassembler tous les projets de Yako en un seul autour de l'idée de formation, de production et en même temps d'hébergement et de bibliothèque, bref autour de l'idée de développement de débouchés sur la petite ville de Yako, ce qui éviterait l'exode vers la capitale. Une sorte de « Maison de La Tortue Voyageuse ».
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Depuis la veille, à Yako, la maison était agitée comme une ruche, Roger ne
dormait que quelques heures, faisant le va-et-vient entre Yako et Bouré. Les femmes s'affairaient à préparer des quantités de poulets, de salades, les boissons s'entassaient dans la cour.
Ce soir là, Roger m'emmène chez le soudeur à qui nous avons commandé un globe
terrestre énorme pour notre projet « Une petite planète pour découvrir le vaste monde » auquel je veux associer les enfants de la famille à Yako. Pour l'instant, ils ont reçu des
correspondances des enfants de La Goutte d'Or qui travaillent en France sur ce projet.
'ai demandé cette rencontre avec Monsieur Le Maire
afin de l'informer des actions et des projets de La Tortue Voyageuse. J'attends son soutien, ses conseils, car dans le cadre de la municipalisation, ce sont les communes qui sont chargées de
coordonner les projets de développement.
Ce samedi là, de retour à Yako, j'ai rencontré Bernard Konombo et Denise Sawadogo, tous deux jeunes kabolais en classe de première au lycée provincial de Yako, responsables de la
bibliothèque que nous avons créée depuis juillet 2007. Ils viennent y tenir leur permanence chaque samedi et dimanche.
Nous avions fait prévenir les enseignants
et les villageois de notre arrivée. Pour cette première visite, Patrice Ilboudo , président de l'antenne de Kabo et de La Tortue Voyageuse du Passoré, m'accompagnait. Toute la journée devait être
consacrée aux enseignants à qui j'apportais un épais paquet de lettres des petits correspondants français de la ville de Saint-Ouen.
De retour au village, une rencontre
avec les kabolais adhérents de la Tortue était prévue. Quatorze villageois, uniquement des hommes, y ont participé, ainsi que cinq enseignants de l'école. Les rencontres
villageois-enseignants semblent peu courantes, j'ai insisté pour que la rencontre soit commune. Nous avons fait le tour de l'ensemble des projets de l'association, dans les autres antennes, puis
dans celle de Kabo. Nous avons évoqué l'idée d'organiser une petite bibliothèque de village pour les élèves afin d'exploiter les livres offerts par les correspondants
Le même jour, dans la foulée, j'avais
rendez-vous avec Monsieur Alphonse Ouédraogo. Il est natif de Bokin, il vit et travaille à Ouagadougou il a créé l'association « Vénégré ACDL » pour contribuer au développement local du
département de Bokin. C'est lui qui loge gratuitement Monique Neiman à Bokin et met sa maison à la disposition des femmes tisseuses.
Depuis début 2004, date de création de notre association, le
bilan que nous faisions des petites actions initiées avec nos partenaires dans la province du Passoré nous amenait à réfléchir à la manière de pallier les difficultés rencontrées: comment partir
des initiatives villageoises, répondre à des projets réellement issus des habitants des villages?